Tu préfères être vrai·e ou être aimé·e ?

par | octobre 2022 | 0 commentaires

Être vrai et déplaire

Depuis que je suis petite, je suis sensible à la congruence —ou plutôt au manque de congruence. Enfant je me souviens très bien que quand j’étais face à un adulte qui n’agissait pas selon ce qu’il avait dit, ou qui avait deux paroles, j’étais choquée intérieurement. Je ne comprenais pas que ce soit autorisé par la loi, LOL.

La congruence, c’est de faire ce qu’on dit. C’est ce qu’on enseigne à Méta Wonderland : être soi-même et laisser ce qu’on est devenir visible à l’extérieur. Ça fait partie de ce que je développe depuis que j’ai tourné mon regard sur moi et mon fonctionnement naturel ainsi que sur les mécanismes de protection que je nettoie les uns après les autres.

Dans cet article, je vais détailler ce qui est pour moi la congruence, ce qui va nous demander d’aborder un des grands dilemmes actuels pour l’humanité : le choix entre être vrai ou être aimé, ainsi que le sujet incontournable et pourtant si rarement abordé, celui des attentes sur la réalité.

1. Être toi-même

On va commencer par parler de la partie qui concerne ce que toi, tu envoies aux autres.

Être vrai, c’est se laisser être qui on est, sans chercher à le changer, le modifier. Ce n’est pas facile à faire, surtout si tu te racontes des histoires sur ce que tu es : si tu penses que ce n’est pas comme ça qu’il faut être, que ce n’est pas “aimable”, comment te laisser être ça, ensuite ?

Ton système va chercher à modifier ce que tu es, inconsciemment, pour le transformer en quelque chose de plus aimable, ou bien tu vas mettre en place des stratégies pour te cacher. C’est ce qu’on appelle des mécanismes de protection.

Pour que les choses soient plus concrètes, je vais utiliser mon vécu pour illustrer ce que j’ai à dire.

Histoires vs. réalité

On me l’a toujours dit et je l’ai toujours senti : j’ai un côté “à distance”, je donne l’impression que je reste loin ou en hauteur. Tout au long de ma vie, ça a pu être interprété comme :

  • elle prend les gens de haut
  • elle est froide
  • elle s’occupe que de sa gueule, les autres l’intéressent pas
  • il faut qu’elle dépasse sa timidité et qu’elle prenne sa place
  • elle veut pas se mélanger avec les autres
  • elle est inaccessible
  • c’est une égoïste
  • elle a peur des gens et s’enferme dans son monde
  • elle devrait aller vers les autres, c’est malsain de rester à l’écart
  • etc.

Est-ce que c’est vrai ? Non. 

Les histoires qu’on se raconte…

Ce n’est pas vrai, mais c’est comme ça que je me suis vue, longtemps : froide, hautaine, distante… Je pensais que c’était ce que je suis et que ce n’était pas bien, d’être comme ça. Ça ne collait pas avec l’image de l’humaine idéale que je voulais être.

Mais j’ai effectivement cette apparence-là. Et je pensais que cette apparence posait problème. En fait, le problème n’est pas mon apparence mais l’idée que je m’en fais, l’histoire que je me raconte dessus : que ça fait de moi quelqu’un de mauvais, de méchant, de pas concerné, etc.

La congruence c'est quoi ? C'est choisir d'être vrai·e et prendre le risque de ne pas être aimé·e.
Le problème ne vient jamais de la réalité ou de ce qui est, mais des histoires qu’on se raconte sur ce qui est.

… et la réalité observée

Sauf que ça, je peux garantir que c’est faux : je suis bien placée pour le savoir, ça fait une petite quarantaine d’années que je vis avec moi-même ! J’aime les gens, mais je ne le montre pas forcément comme on l’attend.

Et je ne suis pas la seule à le dire : nos élèves et nos clients me font souvent le retour qu’ils sentent l’amour que je mets dans tout ce que je fais mais que simplement, il ne prend pas la forme habituelle. On en reparlera plus bas.

La façon que j’ai d’être présente, de donner de moi, n’est pas forcément celle qui est généralement attendue.

La peur de déplaire

La congruence, c’est quelque chose que je cultive pour moi-même et ce que j’enseigne. Je ne peux pas imaginer dire aux autres “acceptez-vous à 100% tels que vous êtes !” et puis moi, de mon côté, ne pas y aller parce que j’ai peur de déplaire.

Le risque de déplaire…

Oui, en étant moi-même, je risque de déplaire. En vrai, je risque de déplaire quoi que je fasse, mais si j’ai des jugements sur ce que je suis, alors je vais me raconter que si je déplais, c’est à cause de qui je suis, je serai le problème et là, ma tristesse du rejet sera inconsolable et j’aurai plus qu’à me jeter par la fenêtre.

Bon en fait je sais pas si t’as remarqué, mais quoi que tu fasses et qui que tu sois, tu déplais. Tu déplais déjà. It’s already happening.

Alors que si je suis moi-même sans me raconter d’histoire sur qui je suis, eh bien quand je déplais c’est très simple : la personne en face n’a pas envie d’être en contact avec ce que je dégage naturellement. Point.

… c’est le risque de vivre

Donc là tu as le choix entre être toi, plaire à toi-même, te sentir vivant·e et attirer à toi des gens qui aiment ce que tu es pour de vrai, ou bien te faire souffrir en t’efforçant d’être autre chose, déplaire à ceux qui pourraient être des alliés, mais plaire à tous les gens qui préfèrent que tu continues à jouer un rôle et que tu restes misérable dans ton costume triste.

Prendre le risque d'être vrai·e, c'est prendre le risque de déplaire... mais aussi d'être aimé·e pour ce que l'on est réellement.
Qu’est-ce qui changerait pour toi, dans ta vie, si tu prenais le risque d’être toi-même ?

Quand on est congruent, on est qui on est, point. On ne cherche pas à être aimé·e ou à coller aux attentes des autres. C’est ce que je détaille dans cet article.

Être soi et respecter les autres

Je ne suis pas du tout en train de dire qu’on a le droit d’avoir une attitude irrespectueuse et désagréable : qui tu es ne justifie pas de mal traiter les autres.

Mais pour revenir à mon exemple, ce n’est pas ce que je fais. Je suis quelqu’un d’extrêmement respectueux des autres. Les personnes qui prennent le temps d’observer comment je travaille et comment je vis le voient.

Non, c’est qui je suis naturellement, qui gratte, en général :

  • je ne souris pas énormément quand on vient me voir ;
  • je dis ce que je pense et je ne prends pas toujours de gants ; 
  • je décris les choses telles qu’elles sont même quand je sais que ça risque de faire s’écrouler un monde de croyances pour la personne en face, parce que la vérité est plus importante pour moi que le confort ;
  • je suis à l’écoute, attentive, j’observe énormément ;
  • je ne cherche pas à rassurer les autres ni leur apporter une forme de soutien chaleureux, ce n’est pas mon fort : mon fort à moi, il est de capter des tas d’informations que je peux ensuite mettre à la disposition de la personne.

Un choix à faire

Tu as donc un choix à faire : être vrai·e ou être aimé·e. 

En faisant le choix d’être aimé·e en priorité, tu prends le risque d’être aimé·e pour qui tu n’es pas, pour le rôle que tu joues, pour le personnage que tu te crées. Tu vas être et agir avec comme objectif le fait d’être aimé·e. Tu vas te travestir pour être accepté·e, apprécié·e ou admiré·e. On ne peut pas être vrai en partant de cet espace.

En faisant le choix d’être vrai·e, tu prends le risque de déplaire et d’être rejeté, mais aussi… d’être aimé·e pour qui tu es réellement. Tu vas être et agir avec ça comme ligne directrice et tu découvriras petit à petit la joie profonde d’être congruent·e.

Le paradoxe de la vie

La vie est pleine de paradoxes et ce qui est amusant, comme tu le vois ici, c’est qu’en choisissant d’abord d’être aimé·e, tu as peu de chance d’arriver à être vrai·e.

En revanche, en choisissant d’abord d’être vrai·e, tu vas être aimé·e, c’est sûr ! Seulement… l’amour ne viendra pas forcément de là où tu l’attends, ni sous la forme que tu attends.

Et c’est exactement ce dont on va maintenant parler : les attentes sur la réalité.

2. Les attentes sur la réalité

Eh oui ! On s’attend souvent à ce que les choses prennent une forme particulière, au lieu de les accueillir telles qu’elles sont, avec simplicité et curiosité :

  • L’amour ça doit ressembler à ça.
  • Si tu m’aimais tu me le montrerais de telle façon.
  • S’il était vraiment concerné par le problème, il dirait ci ou ferait ça.
  • Si elle s’intéressait aux autres, elle devrait agir de telle façon, se comporter comme ça.

On attend une forme particulière et, si ça rentre pas dans cette petite case alors on verrouille tout et on refuse ce qui est là, voire on le juge comme inapproprié.

Attendre une forme précise…

Certaines personnes qui me rencontrent et travaillent avec moi sont confrontées à ça, chez moi, et sont déçues : elles repartent en se disant que je suis “froide et distante”, que je n’ai pas été l’accompagnante qu’elles auraient voulu avoir en face, que je me mets trop en retrait, que je suis inaccessible, etc.

Jouer à quelqu’un d’autre

Dans cette histoire, il y a une réalité : je ne serai jamais la personne qui viendra au devant des autres, qui les prendra par la main, qui fera la bise à tout le monde dès le démarrage, qui prendra les gens dans les bras et qui leur donnera du réconfort dans les moments challengeants. Ce n’est pas naturel pour moi, d’être comme ça, de faire ça.

Je ne serai jamais cette personne parce que je ne suis pas cette personne.

La congruence, c'est de laisser s'exprimer à l'extérieur ce que l'on est à l'intérieur. C'est être vrai·e.
Si tu as le sentiment de ne pas bien savoir qui tu es et que tu aimerais mieux te connaître et surtout, mieux connaître tes talents, tes élans naturels, tes besoins profonds et tes fonctionnements, mon livre pourrait t’intéresser !

Et je ne serai jamais cette personne parce que je ne me forcerai jamais à être quelqu’un que je ne suis pas. J’ai trop de respect et d’amour pour moi-même pour m’infliger ça.

Comment puis-je enseigner la simplicité d’être soi si moi-même, je n’accepte pas pleinement qui je suis et je cherche à être autre chose, à passer pour une personne que je ne suis pas ? Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ? Nope.

L’incohérence absolue

Par contre, quand on me le renvoie, c’est en général pour me faire comprendre que c’est gênant et que ce n’est pas “convenable” pour une personne qui fait du développement personnel. Non, quand on fait du développement personnel et qu’on a développé de la confiance en soi, on est une personne souriante, avenante, accueillante et chaleureuse. C’est ce qui est attendu.

C’est amusant, hein ? On attend de moi que je sois congruente mais en même temps, on attend que je sois comme ci ou comme ça, que je fasse ci ou ça. Est-ce que tu vois la contradiction ?

Ça n’est pas possible : 

  • soit tu souhaites que l’autre soit congruent et donc, tu t’ouvres à découvrir à chaque instant à quoi ça ressemble, quand l’autre est vrai,
     
  • soit tu veux que l’autre soit comme tu aimerais qu’il soit et donc, tu vas probablement être chiffonné·e chaque fois que l’autre sortira du cadre dans lequel tu aimerais qu’il reste.

Une méconnaissance des fonctionnements humains

On peut d’ailleurs être dans une attente incompatible avec la réalité simplement parce qu’on ne connaît pas bien les fonctionnements humains et qu’on est persuadé que toute personne qui fonctionne autrement que soi ne fait pas d’effort

Il est intéressant de constater que les quelques personnes qui me font un retour de “froideur inaccessible” ont un profil Méta® plein de chaleur et de rondeur : elles semblent chercher en moi ce qu’elles ont en elles mais qu’elles n’ont pas encore reconnu comme une de leurs plus grandes forces ! Et elles pensent que tout le monde fonctionne comme elles, ce qui n’est pas le cas —c’est ce que tu peux découvrir, entre autre, dans ce programme.

… et passer à côté du cadeau

Si la personne en face attend autre chose que ça, elle va passer à côté de ce que moi, j’ai à donner. Sans le savoir, elle fait la moue devant mon cadeau parce que ce n’est pas celui qu’elle voulait.

C’est exactement pareil pour moi. Quand j’attends de la personne en face qu’elle se comporte d’une certaine façon, j’enferme la réalité dans un jeu binaire où il n’y a que 2 issues : 

  1. soit c’est ce qui se passe et je peux cocher la case “gagné !”. Mais j’ai gagné quoi ? L’autre a fait ce que j’attendais, ça me fait une belle jambe…
  2. soit ce n’est pas ce qui se passe (c’est ce qui arrive le plus souvent) et là, j’ai perdu et je me fais le cadeau puant de m’enfermer dans de la peur, de la colère, de la tristesse ou de la frustration —je dis cadeau puant, parce que tout ça, je pouvais l’éviter simplement en restant ouverte et curieuse de la réalité.
Attendre que les autres se comportent d'une certaine façon tout en voulant être accepté comme l'on est, c'est incohérent ! C'est l'opposé de la congruence.
Quand tu attends des autres qu’ils soient d’une certaine façon, tu fermes la porte à tout ce qu’ils sont prêts à te donner naturellement, sous la forme qui leur est ajustée à eux.

Où est-ce que je veux en venir avec tout ça ? 

Congruence ultime

Et bien je veux en venir à toi et à ta congruence, que tu cherches peut-être à développer. Tu as probablement envie de te défaire, encore un peu plus, des attentes extérieures et du regard des autres. Si c’est le cas, commence par toi.

Commence par faire ce que tu veux voir

Tu ne peux pas développer ta propre congruence et en même temps, refuser la congruence en face, quand elle est là !

Tu ne peux pas développer ta congruence et dans le même temps, attendre que les autres soient comme tu le souhaites. C’est juste pas compatible.

La congruence, c'est accepter les autres tels qu'ils sont et s'y ouvrir, instant après instant, et faire la même chose avec soi-même.
Tu ne peux pas attendre des autres qu’ils soient comme tu le souhaites et en même temps, vouloir qu’ils arrêtent d’avoir des attentes sur toi !

Quand une personne vient me voir pour me dire qu’elle attend autre chose de moi que ce que je suis, je sais qu’elle me parle d’elle, pas de moi. Elle est gênée face au spectacle de Flora qui est qui elle est, et elle pense que le problème est chez moi.

En réalité, si l’autre te gêne quand il est lui-même c’est qu’il ne répond pas à tes attentes ou à ce que tu penses qu’il devrait être. Ça veut donc dire que tu as des attentes, conscientes ou non. Alors que tu veux, toi, te détacher des attentes des autres, tu aurais des attentes pour les autres ? C’est cohérent, ça ?

C’est une question rhétorique parce que non, c’est pas cohérent.

Mets de la conscience sur ce que tu attends

Si tu veux mettre plus de congruence dans ta vie, une bonne façon de démarrer c’est de regarder là où toi, tu attends que les autres soient comme ci ou comme ça.

De regarder comment tu veux qu’ils se comportent. De regarder ce que tu aimerais qu’ils disent ou fassent.

Regarde comme tu mets les autres en échec en attendant qu’ils soient ce qu’ils ne sont pas. Regarde comme tu te mets en échec en attendant de toi-même quelque chose dont tu n’es pas capable, quelque chose dont tu n’as peut-être même pas envie. Regarde comme les autres te mettent en échec en attendant de toi quelque chose que tu n’es pas.

Si tu veux que les autres arrêtent d’avoir des attentes sur toi, commence par arrêter d’en avoir sur eux.

Comment la Méta® peut t’aider

La Méta®, elle a le pouvoir-là de te montrer et te faire sentir de l’intérieur la diversité humaine et la richesse de tous les fonctionnements, ce qui te permet non seulement de lâcher les histoires que tu te racontes sur toi-même mais en plus, de devenir curieux·se des autres et de leurs fonctionnements naturels, sans attente, dans l’ouverture de ce qui se présente.

C’est comme ça que j’ai vu à quel point j’aimais les gens alors que je croyais, moi aussi, être froide et insensible.

C’est comme ça que j’ai compris à quel point mon père m’avait toujours aimée, alors que j’avais grandi en pensant le contraire.

C’est comme ça que chaque fois que je rencontre une nouvelle personne, je jubile intérieurement d’avoir l’occasion de découvrir un nouvel univers, une nouvelle énergie, une façon d’être au monde que je ne connais pas encore et que je vais pouvoir explorer !

Être vrai·e ou être aimé·e ?

Maintenant que tout ça est posé, je te soumets quelques questions sur lesquelles réfléchir un peu :

  • tu préfères être vrai·e ou être aimé·e ?
  • qu’est-ce qui changerait pour toi, si tu acceptais de déplaire ?
  • es-tu prêt·e à déplaire ?
  • tu préfères que les autres soient vrais ou qu’ils essaient de se faire aimer par toi ?
  • est-ce que tu veux voir, sentir et goûter à l’amour qui t’est offert aujourd’hui tel qu’il est ?

Dans l’absolu, y a pas de bonne réponse, chacun fait ses choix comme il le sent. Par contre nous, à Méta Wonderland, on ne peut t’aider que si tu fais le choix sincère d’être vrai·e et de t’ouvrir à ce qui est là.

Dis-moi en commentaire ce que tu retiens de cet article, je me ferai un plaisir de te lire !

Flora

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